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un copié/collé d’un passage d’article sur le sujet ci-dessous
si quelqu’un est intéressé, je pourrais essayer de récupérer cet article :

La construction en terre crue coffrée et damée dans le sud de la France au Moyen Âge. Transfert des techniques ou migration des techniciens ?
Claire-Anne de Chazelles et Robert Thernot
Dans Héritages arabo-islamiques dans l’Europe méditerranéenne (2015), pages 253 à 267

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Avant le xixe siècle, le mot « pisé » était inconnu dans les régions pratiquant une langue d’oc et la technique était désignée par « tàpia » ou des variantes. L’usage de ce terme apparaît au début du xiiie siècle, singulièrement à Marseille, en 1219, dans un texte juridique concernant la délimitation entre la ville vicomtale et la ville épiscopale par une muraille [GCNN : Marseille no 221]. Pour les xiiie et xive siècles, on recense aussi plusieurs toponymes fondés sur le mot tàpia en Languedoc (Montpellier, Mauguio, Nîmes), dans le Gers, et même dans un épisode de la Guerre de Navarre [Baudreu, 2007].

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L’étude des textes médiévaux montre que tàpia est utilisé en catalan à la fin du xiie siècle (mention de tàpies en 1180 à Barcelone [Battle, 1985]) et en castillan depuis le début du xiiie siècle (mentions de tàpias à Valladolid (1222), Huesca (1247), etc. [Corominas, 1954]) et que le vocabulaire lié à la mise en œuvre du pisé est identique de part et d’autre des Pyrénées : tapieres (pour « banches »), verbe tapiar et adjectif tapiada ; enfin, la tàpia représente une unité de mesure très commode pour évaluer la hauteur d’un mur, et tàpias ou tàpies sont souvent synonymes de « murs » ou de « clôtures » en pisé.

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Le rapprochement des termes tàpia (langues romanes) et tabiya (arabe) apparaît comme une évidence en Espagne, où le passage très naturel d’un terme à l’autre s’illustre en Nouvelle-Castille, lorsque le castillan a remplacé officiellement l’arabe pour les textes juridiques, vers la fin du xiiie siècle : par exemple, lorsqu’il est question de murs de clôture édifiés en terre, à Tolède ou en d’autres lieux [Molénat et Passini, 1999, p. 123]. Toutefois, bien que les mots tabiya (sing.) et tawabin (plur.) se repèrent à partir du xe siècle dans les écrits arabes, leur origine n’est pas encore assurée et pourrait être berbère.

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En l’état des données disponibles, le mot tàpia/tàpie/tàpy surgit en domaines occitan et franco-provençal – dans les zones dialectales gasconne, languedocienne et provençale – pratiquement en même temps qu’en castillan et un peu plus tard qu’en catalan. Son apparition est presque contemporaine aussi, en France méridionale, des premières utilisations du pisé. Les termes tàpia/tàpie/tàpy ne sont pas employés au-delà des limites linguistiques de l’occitan (en Gascogne et en Languedoc) et du franco-provençal (en Provence), correspondant à la région de Valence dans la vallée du Rhône [Baudreu, 2007, p. 45].
La diffusion de la construction en pisé en France au Moyen Âge
Marseille

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Dans le quartier de l’hôtel de ville, les fouilles ont révélé une partie du quartier établi au xiie siècle dans le contexte de la réurbanisation d’espaces délaissés au cours du premier Moyen Âge, entre la rive du port et la Ville haute. Dans deux des maisons médiévales en partie conservées, des murs en terre banchée ont été mis en évidence [Thernot et Vecchione, 2003]. D’autres murs en pisé ont été relevés dans une construction du xiie siècle proche de l’Hôtel-Dieu [Mellinand et al., 2011]. Le mur en pisé du bourg des Oliers [Marchesi et al., 1997] daté du xiiie siècle atteste la pérennité de la technique pendant au moins deux siècles.
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