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Eh les Coteries, on voit que la blessure est loin d’être cicatrisée ! Ma petite phrase n’avait rien d’une provocation, loin s’en faut ; simplement, vis-à-vis des « profanes », elle exprimait le fait qu’il convenait d’écarter d’emblée cette possibilité. Car aucun des nombreux messages (par mail, téléphone, commentaires sur mon blog, Facebook…) que j’ai pu recevoir au sujet de cette affaire ne peut me laisser penser que des Compagnons, de tous métiers et de toutes les sociétés, ne pouvait penser semblable chose ! Non, non, absolument aucun… A bien y réfléchir, je me demande même pourquoi j’ai pu éprouver le besoin de prendre cette précaution oratoire.
Dans tous les cas, le sujet traité ici n’est pas de connaitre et comprendre tous les tenants et aboutissants de votre scission d’avec l’AO. C’est un sujet passionnant, sans aucun doute, et qui m’intéresse beaucoup, mais on ouvrira le débat ailleurs que dans ce post, si vous le voulez bien (un autre post ou un cadre plus confidentiel).
Le sujet dont je parlais, au travers de l’exemple de la pièce de La Rigueur de Sète, est celui de la protection du patrimoine, en général, et du patrimoine compagnonnique en particulier. Je suis là pleinement dans mon rôle, l’historien se devant aussi d’être un acteur engagé dans cette protection et pas seulement un témoin qui planerait, tel un esprit désincarné, au-dessus des flots agités de ce bas-monde 🙂
En colère ? Indigné est bien plus exact. Et cette indignation, j’entends effectivement la faire partager. Et il me semble que les Compagnons tailleurs de pierre, de toutes sociétés, se devraient d’être parmi les premiers à faire entendre cette indignation — d’autant qu’en la circonstance, ce ne sont pas eux, précisément, qui brandissent l’étendard et il n’est donc aucune raison de leur reprocher de prêcher pour leur paroisse.
De fait, j’exprime mon indignation et celle de nombreuses personnes avec des phrases qui ne sont pas doucereuses. À chaque matériau son outillage adéquat… À la force d’inertie d’une municipalité capable de couvrir par son silence l’auteur d’un tel acte, on ne peut guère opposer (d’autant que cela a déjà été fait : lisez attentivement l’article) la demande courtoise et en privé de s’expliquer. Tailleriez-vous le granite avec une petite cuillère ? On peut toujours tenter la performance 8)
Pour en revenir à l’affaire elle-même, la publication de l’article et la mobilisation qui s’en est suivi (et qui se poursuit), ont permis de faire surgir par bribes la vérité, qui n’était pas totalement connue d’avance (du moins pour ce qui me concerne). Nous disposons effectivement aujourd’hui de la plupart des détails, avec certitude. Et nous attendons que la mairie de Pézenas veuille bien en faire l’aveu sincère et complet. C’est, me semble-t-il, le seul moyen pour la ville de sortir grandie de ce scandale. Vu l’incroyable protection dont semble bénéficier le responsable de ce « malheureux accident », je ne publierai pas davantage de détails pour ne pas mettre en difficulté vis-à-vis de la hiérarchie municipale la personne qui nous les a communiqués. Il faudra donc attendre… ou me joindre par messagerie privée !
À noter aussi que des Compagnons de toutes sociétés de la région de Pézenas sont avant moi montés aux créneaux, tant par coups de gueule que par le biais de relations amicales. Et qu’ils n’ont pas reçu de réponse… Une adjointe au maire s’est elle-aussi indignée et, devant l’absence de réponse claire, en a fait un malaise et a dû être évacuée de la mairie par le SAMU. Donc je ne pense pas que le ton de mon article et la virulence du buzz soient disproportionnés !
Et pour conclure, j’insisterai sur le fait qu’il est important que vous preniez bien plus à cœur la préservation de votre patrimoine, tant ancien que celui qui, chaque jour qui passe, se constitue. Tant physique qu’immatériel. Il fait fondamentalement partie de la transmission… Oui, une maquette ou une pièce de Réception, ce n’est jamais que du caillou ne possédant de réelle valeur que pour celui qui a grandi grâce à ce travail. Non, ce n’est pas quelque chose sans importance qui ne mérite pas que l’on en prenne soin. Si vous ne vous mobilisez pas aujourd’hui pour exprimer votre indignation devant un tel ensemble d’actes (destruction, dissimulation et silence), dans la dignité et la mesure (que je sache, il n’est pas nécessaire d’agonir d’insultes la mairie de Pézenas), pourquoi voudriez-vous que demain d’autres se mobilisent pour sauver et mettre en valeur tel ou tel élément de votre patrimoine ?
Amitiés sincères à tous.
